Un vaccin potentiel contre l'infection au virus de l'hépatite E a passé avec succès les essais cliniques
Mis en ligne le 15 septembre 2010
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L’hépatite E est une maladie provoquée par une infection virale provoquant des défaillances chroniques du foie ; cette hépatite est soupçonnée d’avoir infecté jusqu’à un tiers de la population mondiale. Elle présente un taux de létalité faible (0.5 à 4%) pour les populations normales, mais est particulièrement dangereuse pour les femmes enceintes, avec un taux de létalité jusqu’à 25%, et la survenue de nombreuses fausses-couches parmi celles qui guérissent. A ce jour, aucun vaccin n’a été développé pour lutter contre cette infection.
Une équipe de recherche chinoise, dirigée par Xia
Ningshao, professeur à l’Institut du développement des diagnostics et
des vaccins contre les maladies infectieuses de l’Université de Xiamen, a
mené les différentes phases de tests cliniques d’un vaccin développé
par Xiamen Innovax Biotech. Le vaccin en question, HEV 239 est un vaccin
recombinant, c’est-à-dire que sa formule comprend la protéine virale
qui est censée stimuler les défenses immunitaires du corps. Les
résultats des tests cliniques de la phase finale (phase 3) portent à
penser que ce vaccin pourrait être le tout premier vaccin contre
l’infection à l’hépatite E mis sur le marché.
100.000 adultes en
bonne santé de 16 à 65 ans de la province côtière du Jiangsu ont
participé aux tests cliniques de la phase 3, réalisés en essais
contrôlés randomisés en double aveugle. Une première moitié des
participants, choisie de manière aléatoire, a reçu le vaccin, composé de
trois doses différentes, la seconde et la troisième dose étant
attribuées respectivement un mois et six mois après la première dose.
L’autre moitié des participants a reçu trois doses d’un placebo. Aucun
des participants n’a pu savoir s’il recevait le vaccin ou le placebo.
L’ensemble
des participants a été suivi 19 mois durant. Un an après la dernière
injection, 15 des participants ayant reçu le placebo ont contracté la
maladie. Aucun des participants ayant reçu le vaccin n’a été infecté,
soit un taux d’efficacité de 100%. De plus, aucun effet secondaire grave
n’a été observé comme étant lié au vaccin. Une protection significative
peut être obtenue en un mois après l’injection de seulement deux doses,
un tel traitement pouvant s’avérer utile en cas d’endémie ou de voyage
dans une zone endémique.
Des recherches supplémentaires sont
toutefois nécessaires pour identifier l’efficacité du vaccin sur les
populations sensibles, non testées durant les essais cliniques :
enfants, femmes enceintes, personnes âgées et personnes souffrant de
maladies hépatiques chroniques, pour lesquelles un vaccin serait
indispensable.
Selon les données de l’OMS, le virus de l’hépatite
E se transmet principalement par contamination fécale des eaux et des
aliments. Les zones géographiques les plus exposées à une infection par
ce virus, comme l’Asie Centrale, l’Asie du Sud-est et l’Afrique du Nord
et de l’Ouest, pourraient fortement bénéficier de la mise sur le marché
d’un tel vaccin.
Sources: - The Lancet, 23/08/2010 - (http://redirectix.bulletins-electroniques.com/RkcmI)
- BE Chine numéro 96 (http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/64432.htm)
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