Une équipe de recherche chinoise, dirigée par Xia Ningshao, professeur à l’Institut du développement des diagnostics et des vaccins contre les maladies infectieuses de l’Université de Xiamen, a mené les différentes phases de tests cliniques d’un vaccin développé par Xiamen Innovax Biotech. Le vaccin en question, HEV 239 est un vaccin recombinant, c’est-à-dire que sa formule comprend la protéine virale qui est censée stimuler les défenses immunitaires du corps. Les résultats des tests cliniques de la phase finale (phase 3) portent à penser que ce vaccin pourrait être le tout premier vaccin contre l’infection à l’hépatite E mis sur le marché.

100.000 adultes en bonne santé de 16 à 65 ans de la province côtière du Jiangsu ont participé aux tests cliniques de la phase 3, réalisés en essais contrôlés randomisés en double aveugle. Une première moitié des participants, choisie de manière aléatoire, a reçu le vaccin, composé de trois doses différentes, la seconde et la troisième dose étant attribuées respectivement un mois et six mois après la première dose. L’autre moitié des participants a reçu trois doses d’un placebo. Aucun des participants n’a pu savoir s’il recevait le vaccin ou le placebo.

L’ensemble des participants a été suivi 19 mois durant. Un an après la dernière injection, 15 des participants ayant reçu le placebo ont contracté la maladie. Aucun des participants ayant reçu le vaccin n’a été infecté, soit un taux d’efficacité de 100%. De plus, aucun effet secondaire grave n’a été observé comme étant lié au vaccin. Une protection significative peut être obtenue en un mois après l’injection de seulement deux doses, un tel traitement pouvant s’avérer utile en cas d’endémie ou de voyage dans une zone endémique.

Des recherches supplémentaires sont toutefois nécessaires pour identifier l’efficacité du vaccin sur les populations sensibles, non testées durant les essais cliniques : enfants, femmes enceintes, personnes âgées et personnes souffrant de maladies hépatiques chroniques, pour lesquelles un vaccin serait indispensable.

Selon les données de l’OMS, le virus de l’hépatite E se transmet principalement par contamination fécale des eaux et des aliments. Les zones géographiques les plus exposées à une infection par ce virus, comme l’Asie Centrale, l’Asie du Sud-est et l’Afrique du Nord et de l’Ouest, pourraient fortement bénéficier de la mise sur le marché d’un tel vaccin.


Sources: - The Lancet, 23/08/2010 - (http://redirectix.bulletins-electroniques.com/RkcmI)
-
BE Chine numéro 96 (http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/64432.htm)