Découverte importante pour le traitement du lymphome ou de la leucémie
Mis en ligne le 24 novembre 2010
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Une récente découverte réalisée à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) sous la direction du Dr Javier Marcelo Di Noia, directeur de l’unité de recherche sur les mécanismes de diversité génétique de l’IRCM et professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, a été publiée en ligne par The Journal of Experimental Medicine. L’équipe a identifié un mécanisme régulant la cytidine déaminase AID, qui pourrait s’avérer d’importance pour le traitement de certains types de lymphome et de leucémie.
L’AID est un enzyme du lymphocyte B qui crée des mutations délibérées
dans l’ADN encodant les anticorps, ce qui aide à produire une réponse
immunitaire appropriée. Toutefois, l’expression incontrôlée de l’AID
peut avoir des effets néfastes et mener à certaines mutations
d’oncogènes (qui causent le cancer). Des niveaux inappropriés d’AID dans
une tumeur auraient pour effet d’augmenter la fréquence de mutation des gènes et, par ricochet, d’accélérer la progression de la maladie.
“En étudiant la régulation de l’AID, nous avons tenté de comprendre ce
qui restreint son accès au noyau d’une cellule. Si nous pouvons
contrôler cet aspect, nous pourrions prévenir les effets de mutation
négatifs de l’AID. Nous avons alors découvert que la Hsp90, l’une des
protéines essentielles les plus abondantes dans les cellules, stabilise
l’AID dans le cytoplasme. Étant régulé par la Hsp90, l’AID cytoplasmique
se trouve donc dans un équilibre dynamique” a expliqué Alexandre Orthwein, étudiant au doctorat dans l’unité de recherche du Dr Di Noia et premier auteur de cette étude.
En stabilisant l’AID, la Hsp90 détermine les niveaux d’expression de
l’enzyme qui sont corrélatifs à l’étendue de ses fonctions
physiologiques. Par conséquent, la Hsp90 aide à la diversification des
anticorps médiée par l’AID. Grâce aux nombreux inhibiteurs de Hsp90
disponibles sur le marché, les chercheurs ont trouvé que l’inhibition de
Hsp90 déstabilise l’AID, résultant ainsi à une réduction
proportionnelle de la diversification des gènes anticorps. De plus,
puisque les niveaux de l’AID sont également en corrélation avec ses
effets secondaires pathologiques, l’inhibition de Hsp90 prévient les
mutations incontrôlées de l’AID.
“Nous avons démontré que l’inhibition de Hsp90 à l’aide des médicaments
reconnus, qui sont présentement utilisés dans des études cliniques pour
le traitement de certains cancers, réduit de façon importante les
niveaux de l’AID et, conséquemment, prévient l’activité indésirable de
cet enzyme sur l’intégrité de l’ADN. Ce mécanisme régulateur détermine
les niveaux fonctionnels de l’AID dans les cellules B normales et dans
la lignée de cellules B dérivées de lymphome. Donc, l’inhibition de
Hsp90 propose le premier moyen pharmacologique de réguler l’expression
et l’activité de l’AID, ce qui pourrait être pertinent pour le
traitement de certains types de lymphome et de leucémie” a ajouté le Dr
Di Noia.
Le Dr Di Noia, en collaboration avec le Bureau de transfert
technologique de l’IRCM, prend actuellement les mesures nécessaires afin
de breveter l’application proposée des inhibiteurs de Hsp90 auprès de
l’Office de la propriété intellectuelle du Canada (OPIC) et du United
States Patent and Trademark Office (USPTO). Ces demandes de brevet,
valorisées par Univalor, portent sur l’utilisation du biomarqueur AID
dans le choix d’une thérapie ciblée de traitement contre le cancer. Dans
le contexte de cette technologie, le traitement à l’aide d’un inhibiteur de Hsp90 s’adresse aux tumeurs qui expriment l’AID et comporte également l’administration
de l’inhibiteur à des doses déterminées en fonction du niveau
d’expression de l’AID dans les tumeurs.
D’après la Leukemia & Lymphoma Society of Canada, une personne est
diagnostiquée avec un cancer du sang à chaque 4 minutes et quelqu’un
meurt d’un cancer du sang à chaque 10 minutes. Cette statistique représente plus de 54 000 personnes par année. En 2010, environ 628 415 personnes vivent avec un lymphome ou sont en rémission.
Le projet de recherche a été subventionné par les Instituts de
recherches en santé du Canada (IRSC). «Les IRSC sont fiers de soutenir
le type de recherche innovatrice du Dr Javier Marcelo Di Noia et de son
équipe. Une meilleure compréhension des mécanismes régulant l’AID par la
heat shock protein 90 (Hsp90) fournira des nouvelles thérapies
potentielles contre certains types de leucémie et de lymphome” a dit la
Dre Morag Park, directrice scientifique de l’Institut du cancer des IRSC. Ce projet a aussi reçu l’appui de la
Société de recherche sur le cancer (SRC) et du programme de Chaires de
recherche du Canada. De plus, Alexandre Orthwein est récipiendaire d’une
bourse de doctorat de la Fondation Cole.
Plusieurs chercheurs ont contribué à cette étude, dont Anne-Marie
Patenaude, assistante de recherche dans le laboratoire du Dr Di Noia, El
Bachir Affar chercheur à la Faculté de médecine de l’UdeM et à
l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, Alain Lamarre de l’INRS-Institut
Armand-Frappier et Jason C. Young de l’Université McGill.
Pour plus de détails, veuillez consulter le sommaire de l’article publié
en ligne par The Journal of Experimental Medicine (en anglais
seulement). La publication imprimée sera disponible le 22 novembre 2010.
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